un loup dans la ville

Souvenirs de voyage : Pérou, Puno

Le matin est arrivé, nous quittons la région d’Arequipa. C’est aussi un des jours aussi que je redoutais avant de partir au Pérou, car nous allons devoir prendre les transports en commun, 5h de bus. Avant de partir, j’avais peur de me tromper de bus ou de le rater, je n’avais pas encore pris conscience de l’avantage de la formule pour laquelle nous avions opté : le guide est de retour, le chauffeur aussi. Le chauffeur a d’ailleurs mis juste une chemisette aujourd’hui, j’aurai donc le loisir de voir qu’il a quelques poils sur le torse, alors que j’étais persuadé les jours précédents qu’il était imberbe tellement ses avant-bras étaient glabres. Une fois les valises dans la voiture, nous partons à l’autre bout de la ville et nous passons un portail ornementé du panneau “Terrapuerto”.

Très vite, on comprend mieux cette appellation “terraport”, l’organisation est très similaire à celle d’un aéroport : une fois les taxes payées, il faut confier ses valises au dépose-bagage, version un peu plus artisanale que dans un aéroport tout de même, le même comptoir servant à la fois au dépôt et à la récupération, ce qui ne manque pas de générer une certaine confusion quand le précédent bus est arrivé en retard, comme ce fut le cas. Notre guide étant efficace, nos valisent partent rapidement sur le tapis roulant puis nous lui disons au revoir et nous patientons dans la salle d’attente. Là, un touriste bel aventurier captera très vite mon attention, et j’aurai du mal à m’empêcher de le regarder à chaque fois qu’il entrera dans mon champ de vision. Au-delà de la perfection de sa plastique, l’aventurier a tout de même un gros défaut : il fume. Il sortira donc dehors pour que mes hormones se reposent… Aucune annonce ne l’indiquera, mais l’heure venue, quand tout le monde se lèvera, on comprendra que c’est l’heure de partir.

A l’intérieur du bus, là encore c’est comme dans un avion : un hôtesse passe pour vérifier qu’on a bien attaché nos ceintures, la télé présente les consignes de sécurité à la manière de ce qu’on trouve dans un avion, et en chemin l’hôtesse repassera en distribuant un plateau repas. Là où c’est un peu différent de l’avion, c’est quand on a envie de faire pipi : dans l’avion, c’est calme aucun soucis… dans un train, ça bouge parfois un peu… mais dans un bus péruvien qui roule à 90 km/h dans des routes de montagnes qui tournent dans tous les sens, c’est beaucoup plus sportif : il faut bien une main pour se tenir la zigounette, une autre main pour tenir la lunette qui ne tient pas debout, et encore une main pour se tenir à une poignée. Et même comme ça, c’est pas facile de ne pas en mettre partout, mais j’ai réussi ! (je crois)

Nous passerons par quelque jolis paysages mais qui ne serons pas faciles à photographier depuis l’intérieur de bus. Le bus fera un premier arrêt dans la ville de Juliaca, ville où je serai content de ne pas descendre, et pas seulement parce que les guides disent que la ville est dangereuse de jour comme de nuit, mais aussi parce qu’elle ne laisse qu’un sentiment de délabrement général. Une des rares photos que j’ai réussie, c’est l’université, dont on ne sait pas bien si le bâtiment en photo est en cours de construction ou en cours de démontage…

Encore un peu plus tard, nous finirons par arriver au terminal de Puno. Nous récupérons nos valises en descendant du bus, et nous retrouvons le bonheur de trouver un petit écriteau à mon nom qui montre qu’on est attendu dans le hall d’arrivée. Je n’ai pas compris le nom du guide : trop compliqué. Je n’ai pas retenu le nom de la responsable locale qui l’accompagnait : je ne me souviens jamais du nom des filles. Je n’ai retenu que le nom du chauffeur : Condor, mais nous ne reverrons pourtant pas les jours suivants.

Lorsque nous arrivons à notre hôtel, celui-ci semble un peu jurer avec le reste de la ville : trop luxueux. Je ne m’en plaindrai toutefois pas, bien au contraire. Nous sommes remontés à 3800 mètres, nous profiterons donc la fin de la journée pour ne nous reposer et découvrir un peu les alentours de l’hôtel. Nous en profiterons aussi pour gouter un expresso local, mais seulement après après avoir constaté que la machine à café était alimentée avec de l’eau en bouteille et pas de l’eau du robinet, l’eau minérale garantissant qui nous ne risquions pas de tourista. Le café s’est révélé plutôt bon, mais une machine Jura, a priori, ça aide. J’aurais néanmoins été curieux de savoir ce que ça aurait donné si le pépé avait continué sur sa lancée et avait mis de l’eau gazeuse avant que la patronne ne l’empêche de commettre l’irréparable…

Sur la place d’arme, on se fait rapidement alpaguer par une femme qui vous nous vendre un pull. Elle nous demandera nos nom, d’où on vient, puis finira par abandonner puisqu’on ne veut toujours rien acheter. Elle ne manquera pas de nous relancer plus tard dans la soirée après manger. Elle nous relancera même le lendemain, se souvenant de nos noms, et ira jusqu’à faire baisser les prix de son propre chef : le pull qui au départ coûtait 100 soles tombera vite à 50 soles… 20 soles… 10 soles… et même “cadeau pour toi” ! Mais comme nous sommes des touristes honnêtes, nous avons préféré ne pas abuser de sa proposition. En plus je n’en avais pas besoin, j’avais déjà un pull en baby-alpaga !

Pour cette seconde nuit à plus de 3500, nous dormirons comme des bébés, aucun manque d’oxygène n’étant venu perturber notre soirée.


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